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"QUI, POURQUOI, COMMENT...?"

17 juil.
4 min de lecture

Dernière mise à jour : 30 juil.


Quelles sont leurs motivations, leurs valeurs ?

Comment habitent-elles et quelles relations entretiennent-elles avec leur environnement ?


La plupart de ces textes est issue de l’ouvrage « Les coopératives d’habitat : une démarche transfrontalière », co-produit dans le cadre du programme européen INTERREG « DEVCOOP ». Guide DEVCOOP - Ouvrage DEVCOOP


Les habitants vivant dans une coopérative ont très souvent des caractéristiques socio-démographiques et socio-économiques différentes : jeunes ou moins jeunes, seuls ou en famille, retraités ou encore en activité… Leurs motivations sont diverses, liées à leurs trajectoires sociales, économiques, participatives qui les ont amenés à opter pour ce type d’habitat.


Les profils des futurs habitants


Si les caractéristiques des ménages sont différentes, on peut regrouper les coopérateurs en 3 profils en fonction de leur intérêt pour l’habitat coopératif :


« L’intéressé » : il ne connaît pas l’habitat coopératif, mais souhaite habiter autrement : « C’est une expérience de vie, se regrouper à plusieurs, partager une façon de vivre, accueillir du monde, mais chacun chez soi ! ».


« L’expérimenté » : il a déjà vécu des manières d’habiter proches de l’habitat coopératif (colocation, habitat mixte public/social…) mais souhaite s’engager plus fortement dans le partage de l’habitat : « C’est un projet culturel, un choix de société, une réflexion

sur le mode d’habiter ».


« Le militant » : il connaît bien cet habitat, ses vertus et le défend, et s’engage dans la gestion de l’habitat coopératif, voire parfois au-delà, dans des associations ou collectifs pour promouvoir cet habitat et ses valeurs : « Il y a un aspect militant très fort, cela dépasse la perspective de son habitat, de chez soi ».


Les motivations des coopérateurs et l'engagement dans les "projets d'habiter"


Elles s’organisent autour de valeurs telles que l’engagement, l’hospitalité, le partage, la mixité sociale et intergénérationnelle, la solidarité…


« Dans l’habitat coopératif, le logement est un bien commun, on arrête avec la spéculation immobilière et c’est accepter de ne pas transmettre un bien à ses enfants ».


« L’habitat coopératif c’est de l’autogestion, un engagement citoyen, politique, appliqué à l’habitat ».

« C’est une solidarité déclinée dans les statuts ».


Les expériences de "l'habiter"


« Notre habitat, on l’entend au sens large, cela va au-delà de notre propre logement. Cela va du palier, au hall d’entrée, au chemin que l’on prend pour aller faire ses courses ou à l’école.

Ce sont aussi les voisins de la rue que l’on (re)connaît, ou les engagements que l’on prend dans les associations du quartier…

C’est ce qui nous construit dès lors que l’on sort de chez soi, et c’est ce qui est au cœur des projets d’habitat coopératif ».


La manière dont s’organise la vie dans une coopérative d’habitants, que ce soit à l’échelle individuelle et/ou collective, est sans cesse questionnée.

Le foyer a l’usage exclusif d’un appartement dont il gère l’aménagement intérieur comme il le souhaite, en gardant à l’esprit qu’il est garant de ce logement pour les ménages suivants.


Mais ici le « chez – soi » s’étend à l’extérieur, au commun, à une intrication entre le dehors et le dedans. Le chez – soi est extensible grâce à la possibilité offerte de réserver la salle commune, ou une chambre d’amis, ou d’aller dans le jardin collectif…


D’ailleurs les habitants utilisent le terme de « chez-nous » pour désigner l’ensemble des communs. Cette référence à un « chez-nous » témoigne d’une réelle conscience de la propriété collective, mais aussi d’un horizon de partage qui n’existe pas dans l’habitat standard.


Le partage d’espaces communs est vécu comme l’expression de la solidarité qui est de mise entre les habitants. Du fait de l’importance accordée à l’autogestion, cette question de partage fait l’objet d’une gestion collective qui entraîne parfois des situations complexes, avec des phases de turbulences…


Les espaces communs sont aussi des lieux favorables aux dons ou aux prêts collectifs de matériels ou d’équipements. L’autogestion est aussi une charge morale et physique permanente et forte à certains moments.



Un exemple particulier


Le confinement dans les coopératives...la vie d'avant, mais amplifiée !


Dans ces lieux de vie, et aussi à l’extérieur, les habitants construisent des solutions qui deviennent des modes de fonctionnement, des rituels parfois…

Dans cette période inédite du confinement on a vu une force d’invention, l’imagination était au pouvoir, la créativité était de mise pour inventer des temps de rencontre, de sociabilité, d’interactions sociales.

► On discute d’un balcon à l’autre, dans les coursives…

► Entre voisins on s’aide au quotidien pour réguler les peurs, les angoisses, ou la colère face à la situation.

► L’éducation populaire, valeur coopérative forte, permet de débattre autour des croyances et points de vue des uns et des autres.


L’expérience acquise dans le « faire ensemble » et le soutien mutuel ont manifestement permis une forte réactivité et la multiplication de modalités d’organisation adaptées, par simple amplification ou réorientation des pratiques habituelles.

Le ralentissement du temps, avec le confinement, a rendu plus disponible, et a donné encore plus d’humanité dans les relations.


► Des temps scolaires, animés à tour de rôle par 2 ou 3 parents, ont été organisés pour une même classe d’âge. Pour les plus petits, des ateliers récréatifs ont permis aux parents de dégager des moments de télétravail.

► Les adultes qui aiment le jardinage ont préparé cette année-là le potager avec les enfants.


« Cette situation de crise a rebattu les usages des espaces communs. Une salle commune sert de salle de sport et de jeux pour les enfants à certains moments de la journée, d’espace de télétravail à d’autres moments. Une chambre d’amis fait office d’espace de télétravail (1 personne à la fois). Un bureau commun est utilisé pour jouer d’un instrument de musique. Les bibliothèques partagées, sur les paliers, fonctionnent à plein ».


Collectivement, les coopérateurs prennent conscience de la gravité de la situation pour certaines personnes vivant dans les quartiers prioritaires, pour les personnes âgées, les migrants, les SDF…


► Ils collectent des produits de première nécessité, destinés aux associations qui en assurent la distribution. Des habitants s’inscrivent sur les plateformes d’entraide de leur ville ou village.


Pour les plus âgés le contexte du confinement est vécu comme une sécurité supplémentaire, et une confirmation de leur choix initial essentiellement motivé par la volonté de pouvoir reculer (voire éviter) l’entrée en maison de retraite ou en EHPAD.

La possibilité de faire intervenir au sein de l’habitat coopératif les services de soins à domicile permet de rester chez soi dans un cadre bien plus sécurisant que l’habitat isolé.


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